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Guérir – Comment ? Pour quoi faire ? Jusqu’où ?

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Guérir nous renvoie à la question du retour à la santé. Santé aura un sens variable selon chacun, sa culture, son histoire, ses croyances ...
Photo Magicbowls via Pexels.com

Dans un précédent article, j’ai évoqué quelques grandes lignes de ce qui me semble être indispensable pour pouvoir guérir le SSPT complexe notamment au travers de 3 préalables et de 3 incontournables. Je propose ici de poursuivre plus avant, l’exploration de cette notion de guérison, tout en restant dans des grandes lignes.

Guérir nous renvoie assez spontanément à la question du retour à la santé. Santé aura un sens variable selon chaque personne, sa culture, son histoire, ses croyances et sa localisation géographique.

Guérir comment ?

Nous avons vu dans un post précédent que les traditions spirituelles orientales établissent que notre Etre est composé de plusieurs corps : d’un corps physique et aussi de ce que j’ai appelé, pour simplifier, un corps énergétique, subtil, qui est en réalité multiple.
Cette conception du corps humain n’est pas partagé en France par le système médical.
On voit donc que Guérir renvoie à une vision de l’Humain et de la santé qui est propre à chaque pays, à chaque tradition (Voir Sources ci-dessous)

Différentes cultures de guérison

A titre d’exemple la médecine traditionnelle tibétaine définit la santé comme étant l’harmonie entre :

3 mondes : Sans forme, Subtil et Manifeste

3 corps : Mental, Emotionnel et Physique

3 développements : Spirituel, Psychologique et Organique

3 environnements : Personnel, Commun et Total

Terry Clifford

Ce qui constitue une vision très holistique ou très globale de la personne.
Dans cette tradition, chaque personne nait et se développe organiquement, psychologiquement et spirituellement au travers de ses 3 corps dans des mondes et des environnements multiples qui constituent un grand Tout avec le cosmos auquel elle est reliée et interconnectée.

A titre de comparaison, notre médecine occidentale très spécialisée, est essentiellement centrée sur une vision Commune (c’est à dire en pratique peu Personnalisée !), du corps Physique, Organique et qui fonctionne dans le monde Manifeste (celui de la matière et du mesurable). Peu à peu des dimensions Psychologiques (Mentales et Emotionnelles) sont prises en compte dans les hôpitaux et dans les systèmes de soins en ville.

L’une est plutôt :

  • holistique, globale, en intégrant « l’invisible » ou « l’au-delà »
  • pluri-millénaire
  • peu répandue dans le monde
  • diversifiée dans ses sciences thérapeutiques naturelles
  • « low-tech » 
  • essentiellement axée sur la prévention et l’Art de vivre en bonne santé

l’autre est plutôt :

  • découpée en disciplines spécialisées
  • récente
  • mondialisée et accessible largement dans les pays riches
  • centrée en grande partie sur la bio-chimie et la mécanique
  • « High-Tech »
  • performante pour intervenir dans des cas graves et potentiellement sauver des vies

On voit le côté complémentaire de ces 2 médecines qui de fait obéissent à 2 visions très différentes de l’Humain et de la santé. (Voir Sources ci-dessous)

Guérir grâce à d’autres approches

Mon cardiologue référent à l’hôpital où je fus opéré, âgé alors de 68 ans, m’a confié un jour ceci :

«  Vous savez, je crois que notre médecine n’a finalement pas réussi à guérir grand chose hormis quelques maladies infectieuses …! »

Le même m’avait dit quelques années plus tôt :
« Vous, vous êtes un cas pour la Science ! Vous êtes guéri, et vous n’allez pas bien. Laissez tout ce qui vous préoccupe derrière vous, reprenez votre vie et avancez ! »

Il existe en effet de plus en plus de voix médicales humbles et honnêtes intellectuellement qui s’élèvent à présent pour confirmer que le système médical français bien qu’ayant réussi de magnifiques prouesses pour sauver des vies, se découvre bien en difficulté pour soigner et guérir les nombreuses Maladies Chroniques parfois dites Evolutives (MCE) . Ces MCE, dont beaucoup sont apparues du fait même de notre mode de vie, affecterait jusqu’à 30% de la population en France (Sources APHP et ANACT ).
On pourra peut-être voir ici les raisons de l’engouement croissant pour toutes ces médecines que l’on a nommé Douces, Alternatives, puis maintenant Complémentaires. (Voir Sources)

Guérir c’est faire des choix

Ceci nous amène en définitive à devoir faire des choix :

  • Quel modèle de santé je souhaite pour me soigner et guérir ?
  • Qu’est-ce que je suis prêt à consacrer comme moyens pour guérir ? :
    • matériellement en terme d’organisation pour pouvoir aller consulter les bonnes personnes ressources par exemple
    • intellectuellement en terme d’investissement en connaissance, formation pour comprendre cette maladie
    • en terme de temps quotidien à consacrer aux soins, apprentissages, pratiques, déplacements, consultations …
    • financièrement en terme de budget (La sécu remboursant très peu ce type de soins !)

Guérir et bonheur

Guérir implique aussi de retrouver joie et bonheur. Or, peut-il y avoir du bonheur sans altruisme, de la joie authentique sans spiritualité ? Matthieu Ricard dans son « Plaidoyer pour le bonheur » développe ces sujets longuement. Ce livre et son auteur me servent de guide au long cours pour ce voyage.

Guérir pour quoi faire ?

Deepak Chopra dans son ouvrage « La blessure invisible – Guérir la peur et les traumatismes» (voir Lectures) explique que le plus dangereux dans cette souffrance post-traumatique c’est la perte de sens ! Alors, bien entendu la question la plus pressente lorsque l’on souffre c’est « Quoi faire pour guérir ?». Mais, passé un moment, l’autre question qui se présente c’est : « Guérir pour quoi faire ? ».

Garder le sens

Guérir pour guérir peut vite devenir très egocentré voire même névrotique. Guérir pour retourner vendre son énergie de travail dans un système économique lui-même bien malade et très stressant, est-ce là mon désir profond ? Alors quel sens donner à ce difficile mais prodigieux cadeau de la vie que certains auteurs nomment la Croissance post-traumatique ou encore la Résilience ? Nous y reviendrons car c’est l’un des enjeux-clé de la notion de guérison qui invite à regarder tout autour de la personne malade.

Guérir jusqu’où ?

Il y a naturellement cette question qui m’a été posée plusieurs fois par des thérapeutes : Qu’est-ce qui fait que la guérison est atteinte ? A quoi saurai-je que je suis guéri ? Dis autrement quel est mon critère de succès ?

Pete Walker (Voir Lectures) pense que la guérison du SSPT complexe est atteinte lorsque l’on a accepté et intégré dans son quotidien de vivre avec ce flux et ce reflux des mémoires traumatiques « déclenchement-réactivation-traitement-intégration ».

Certains pensent que c’est la phase de stabilisation ? D’autres que c’est l’arrêt des traitements médicamenteux ? D’autres encore que c’est de ne plus souffrir ? Mais notre condition d’Humain sur Terre semble liée à la souffrance même pour les gens supposément en bonne santé. Alors, jusqu’où se soigner, quand arrêter les soins ?… Guérir jusqu’où ?


Sources

Mon docteur indien – Film documentaire de Simon Brook de 2013
  • Lectures
  • Guérir à tout prix ? – Bernard Ugeux – Ed. de l’atelier/ouvrières 2000
  • La médecine tibétaine bouddhique et sa psychiatrie – Terry Clifford – Ed. Dervy 2008
  • Plaidoyer pour le bonheur – Matthieu Ricard – Nil Ed. 2003
  • La blessure invisible – Guérir la peur et les traumatismes – Deepack Chopra – Ed. du rocher 2002

Mise à jour

Dernière mise à jour de cet article le 8 décembre 2021